Le Yoga prénatal ou le retour vers l’essentiel

 

Il vient peut-être un temps où le tourbillon de notre quotidien nous laisse comme un vide à l’intérieur; mais nous n’accordons pas assez d’importance à nos états d’âmes pour faire une pause. Par contre la femme qui attend un enfant sentira un grand besoin de prendre un temps arrêt pour le petit être en devenir.

C’est lors de ma première grossesse, il y a 16 ans, que je rencontrais ce besoin et par le fait même le yoga prénatal de Denyse Laurendeau, éducatrice en périnatalité, les deux n’allant pas sans l’autre.

Ce fut pour moi (je ne m’en doutais pas encore) une rencontre décisive dans ma vie. Son sourire et son accueille chaleureux me mis tout de suite en confiance. C’était ma deuxième tentative avec un professeur, la première étant très décevante (j’avais l’impression de faire des postures assez difficiles une après l’autre sous le regard critique du professeur qui était un homme en passant).

Alors à ma deuxième tentative j’ai été bien surprise d’entendre Denyse nous demander : Comment ça va aujourd’hui ? Avez-vous des besoins particuliers.

Son écoute sans jugements me rejoignait beaucoup. Tous étaient respectueux avec les limites de chacun, même les conjoints étaient invités à participer. Nous avions aussi une préparation à l’accouchement avec un thème à chaque cours et des relaxations visualisations, c’était vraiment ce que je recherchais.

Alors c’est après mon premier accouchement que je pris conscience que toutes les femmes enceintes devraient connaître le yoga prénatal.

Comment vous expliquer pourquoi les femmes me disent qu’elles apprécient tellement les cours de yoga prénatal?
D’abord la grossesse est une période très importante dans la vie d’une femme. C’est le temps des questionnements, des choix et des transformations aussi.

Alors c’est parfois l’occasion pour elle de rechercher une activité qui s’aura combler c’est besoins. Elle a subitement le goût de prendre soin d’elle et de son enfant.

Lorsque j’accueil les participantes et je leur demande qu’est-ce qu’elles ont le plus besoins elles m’expriment souvent les mêmes manques; comme venir apprendre à se calmer, se relaxer, s’assouplir en un mot se préparer à l’accouchement.

Pourquoi le yoga ? Tout d’abord c’est en Inde que le yoga prend naissance il y a quelque millier d’année.
Le mot yoga provient d’un ancien dialecte « le sanscrit » et yoga vient du mot « yug » qui signifie unir. Unir quoi?
Les trois aspects de l’être.

LE MENTAL LES ÉMOTIONS LE CORPS

Par la respiration et le mouvement conscient (Asana) l’être humain entre à l’intérieur de son corps.
C’est de cette façon que le mental, le cœur et le corps ne font qu’un il touche enfin à l’essentiel.
Quand les trois aspects de l’être sont unis, alors il y a ouverture du
« Canal de naissance ».


D’abord l’ouverture du mental; puisque durant l’accouchement plusieurs facteurs obligent la femme à ouvrir son esprit surtout si elle avait des idées bien arrêtées ou fermées comme : déclanchement artificielle non prévue, déception par rapport au personnel de l’hôpital en résumé toutes les croyances mentales et attentes non réalistes. Cet état de fermeture mental crée de la résistance sur les autres niveaux; le cœur et le corps. C’est pourquoi elle expérimente le « lâcher prise » durant les séances de yoga, le non vouloir, la non performance.

Si on regarde du côté des émotions durant l’accouchement la femme sera confronté à ses limites et à ses peurs dû à l’intensité de la situation. Ces émotions agiront au niveau du plexus solaire qui est le centre de la respiration. Si elle garde tous ses sentiments de peurs, de détresses à l’intérieur, c'est-à-dire ne les exprime pas, le souffle aussi se retient se bloque, le plexus solaire se ferme et le corps aussi.
Au fil des rencontres la femme identifie ses peurs et ses inquiétudes et elle apprend comment faire pour les apprivoiser.

Si on veut parler de l’aspect physique dans le même ordre d’idée, si la femme ne peut plus bouger (monitoring, oxytocine synthétique, épidural, etc.), C’est possible qu’elle se crispe chaque contraction, elle bloque sa respiration; son corps se ferme et résiste. Physiquement il y a fermeture du canal de naissance.

La résistance crée la souffrance.
Par la pratique du yoga la femme enceinte apprend Ă  utiliser les outils comme:

 

 

La respiration La visualisation

La concentration La volonté La confiance Le courage

L’expression Le non jugement

Le mouvement Entrer dans son corps

 

 


Je dis souvent que l’on accouche comme on est. On ne devient pas « Wonder women » par ce que l’on va donner naissance à notre enfant.

C’est pourquoi le premier thème des rencontres est L’accueil. J’invite les participantes à se prendre et s’accueillir telle qu’elles sont, avec leurs côtés sombres et leurs côtés lumières. Que se soit les limites de leurs corps en transformation ou les peurs, peu importe.

Au fil des rencontres, la femme expérimente la respiration consciente.
Elle augmentera sa capacité pulmonaire, sa résistance et éliminera les toxines accumulées.
C’est aussi la prise de conscience de l’air que l’on respire représenté par la vie qui est dans toute chose le « Prana ». En pratiquant le « pranâyâmâ » respiration consciente elle apprend à se réénergiser à partir de sa propre source qui est l’essence de toute chose. Elle dirige davantage le calme et l’énergie dans son corps sans oublier le cerveau qui en consomme plus que tout autre organe à chaque respiration.

En utilisant l’image et le son des vagues de la mer, elle peut faire le lien qui l’unie avec la nature et ainsi s’abandonné à cette force créatrice.

Dans dans cet état d’abandon elle pourra aller à la rencontre de son enfant. C’est une prise de conscience de la présence de plus en plus manifeste de son bébé. De quelle façon on peut déjà entrer en communication et comment on peut lui faire une place dans sa vie ce qui n’est pas toujours simple.

C’est pour cette raison que j’invite les participantes à regarder et identifier leurs besoins dans l’attente de l’enfant.
Les postures qui aident à soulager différents maux sont toujours adaptées aux malaises des femmes. En identifiant ses besoins elles se responsabilisent face à son bien-être (bien naître), elle prend sa santé physique et mental en charge et n’attend pas que l’on décide à sa place. Tous les malaises sont identifiés et les moyens son prient pour trouver une solution le plus naturelle possible.

Dans le processus de naissance la femme doit connaître qu’est-ce que le passage physiologique? Comment le bébé effectue sa rotation, la station du bébé, l’ouverture du col, jusqu’à l’expulsion.
Un Mandala (fleur de 10 cm environ) est créé pour permettre au cerveau d’aller chercher une image du col de l’utérus qui s’ouvre comme les pétales d’une fleur. La femme reconnaît à quoi ressemblent un corps, un esprit et un cœur fermés. C’est dans l’expression de se qu’elle ressent qu’elle traverse ses blocages et que l’ouverture est possible. Il arrive très souvent même la femme comprenne pourquoi elle a vécu une expérience difficile à l’accouchement précédent.

Elle expérimente le pouvoir de l’abandon à travers les postures.
Là où il faut de l’ouverture il faut de la détente.

On ne peut parler d’accouchement sans parler de la douleur il ne faut surtout pas la nier.
Pourquoi la douleur et comment la traverser. Comment je réagi face à la douleur? Est-ce que je mets mon attention sur le « bobo »?

Là où va ta pensée va ton énergie.
Je découvre mon attitude face aux limites de mon corps. Avec cette introspection la femme s’observe sans jugement durant les asanas (postures) C’est là qu’elle utilise la respiration consciente qu’elle contrôle de plus en plus durant les séances de yoga. Cela lui apporte le pouvoir de concentration, par sa respiration consciente, l’écoute de son corps et la confiance en ses capacités. Une compréhension entre subir ou choisir s’installe. Cela fait toute la différence.

Lorsque la femme ouvre sont canal elle a accès plus facilement à
ces peurs ou limites; ennemies bien connues qui paralyse. Par la pratique contrôlent la plupart des comportements et le faite de donner naissance nous rapproche de notre vulnérabilité. C’est le cerveau droit ou intuitif (animal), qui règle nos réactions, notre instinct.

Après ma formation en kinésiologie de reprogrammation j’ai intégré un outil indispensable pour travailler au niveau de la pensée ou du cerveau droit intuitif. Nous reprogrammons le comportement vis-à-vis un blocage ou une peur. Cela augmente l’efficacité avec la relaxation, visualisation qui est constamment.

Comme le corps ne peut être dissocié de l’état âme, il doit apprendre à s’abandonner aussi dans durant les contractions. La respiration consciente qui fixe l’attention et la connaissance des positions d’étirement et d’extension du dos permet d’être plus en confiance face en sa capacité de passer les vagues des contractions.
Le moment venu de l’expulsion de l’enfant la femme qui a développé l’écoute de son corps sait par instinct ce qu’elle a à faire. Le « oui quitte moi » aura un impact important.

Que se soit dans la position à quatre pattes, accroupie, sur le dos ou sur le côté, la femme aura déjà expérimenté et intégré différente possibilité et sentir dans lequel elle semble plus à l’aise. Ce n’est plus sur un terrain complètement inconnu quelle ira s’aventurer. Elle arrive au bout de son voyage sans naufrage.
Ce n’ais plus aussi une question de contrôle mais de lâcher prise...

C’est ça le yoga prénatal.

 

 

Josée Fortin Professeur de yoga prénatal postnatal.