L’ouverture du Canal de naissance

Dans mon enseignement en yoga prénatal, il y a des thèmes qui me tiennent beaucoup à cœur. Je pourrais dire que ce sont des cours clés. Comme une étape importante, un temps d’arrêt.


Je constate souvent l’effet positif sur les femmes lorsque je leur explique comment fonctionne notre corps avec le mental et les émotions. Celles qui attendent leurs deuxièmes, troisièmes ou quatrièmes enfants font le lien en comprenant plusieurs choses qui se sont passées avec leur expérience d’accouchement précédent. Comme-ci, une boucle venait de se refermer.


Un des thèmes en question est : L’ouverture du canal de naissance.

D’abord qu’est-ce que le canal de naissance?

Du point de vue anatomique, je vais vous résumer la descente du bébé dans le bassin, la poussée hors de l’utérus et la sortie à travers le périnée. Bassin et stations commençons avec la station de l’enfant dans le bassin. Elle est mesurée par rapport à la tête qui descend. Dans un «scénario idéal » le bébé se tourne en plaçant son dos du côté gauche du bassin de la mère et ensuite sa tête plonge le nez vers le coccyx. La station la plus haute, c’est le niveau -4 cm par rapport à zéro. Ensuite le bébé poursuit sa descendante au stade -3 cm, -2 cm et -1cm. -3, -2, -1 cm.

Lorsque la partie la plus large de la tête du bébé rencontre la plus petite ouverture du bassin de la mère; l’enfant est fixé; il est au stade o (zéro). Il ne remontera plus. Il continuera sa descente en passant les stades +1, +2, +3 cm.

Au niveau de l’utérus; il y a l’effacement et la dilatation du col. Le col c’est comme la porte de l’utérus qui sort dans le vagin. Le col remonte vers les parois de l’utérus. C’est en pourcentage que l’on l’évalue. Par exemple; si le col est remonté à la moitié on dit qu’il est effacé à 50 % et lorsqu’il est complètement remonté, il est à 100%. Parfois l’effacement se manifeste vers la fin de la grossesse et il arrive aussi qu’il n’y ait aucun changement avant le début du travail. Une fois effacé complètement une autre étape commence.

La dilatation du col de l’utérus.

Elle peut se produire aussi, avant le début des contractions, on l’évalue de 1 à 10 cm d’ouverture. 10 cm étant le maximum, on dit que la dilatation de la femme est complète.

Pour influencer ce processus, Il existe un outil de visualisation bien apprécié de mes participantes. C’est la création d’un dessin ou Mandala, qui agira sur le cerveau. Le côté droit et le côté gauche. Il unira les deux opposés. La dualité de l’être entre sa nature active, extérieur et la nature intuitive, intérieur.

Premièrement vous devez vous asseoir et vous accordez une pause. Prenez une feuille et un crayon et vous tracez un cercle de 10 cm. Il représente l’ouverture maximum du col. Au milieu on dessine le sommet de la tête du bébé et autour les pétales d’une fleur qui représentent le col de l’utérus s’ouvrant et laissant passé l’enfant. La couleur que vous ajoutez augmente l’imprégnation et la force à votre Mandala. Exemple :
Je m’ouvre à la contraction.
Je m’abandonne à la vague.

Ce dessin s’inscrit dans la mémoire intuitive et la phrase (personnel) que vous avez trouvé et inscrit, refera surface spontanément lors de votre accouchement.

Il y a un autre point que je veux vous mentionner au sujet d’une des propriétés du col de l’utérus.
Il faut être bien nourrit, ne pas être à jeun (la femmes a le droit de manger) elle n’aura pas plus de nausées que si elle est à jeun, cela est pour prévenir l’oedème du col (enflure qui retarde la dilatation). Malheureusement, ce fait n’est pas prouvé scientifiquement.

La dernière étape, c’est la poussé que la mère ressent au fond d’elle-même, une poussée irrésistible qui l’aidera a expulser son enfant à l’extérieur.

L’ouverture et la souplesse du bassin et du périnée seront souvent influencées par la position de la femme. Dépendant comment ses genoux et ses pieds sont placés. La distance des ischions (extrémité des os pointus sur lequel on s’assoit) varis. Vous pouvez l’expérimenter. Allongez-vous sur le côté, placez vos jambes ensemble, l’une sur l’autre, repliez les pour être confortable. Maintenant ouvrez et refermez le genou sur le dessus (comme l’aile d’un papillon) en gardant les deux pieds ensemble. Avec la main, vérifiez la distance des deux os pointus de vos fesses. Vous devez sentir, les ischions, se fermer lorsque les genoux s’éloignent et s’ouvrir lorsqu’ils se rapprochent.

Si vous voulez aider le bébé à s’engager dans le détroit supérieur (le haut du bassin) vous pouvez faire toutes les positions avec les genoux écarté l’un de l’autre. Une fois que le bébé est engagé (il y a comme une pression dans le rectum) on change la position des genoux, en les rapprochant pour l’expulsion. N’ayez crainte cela se fait parfois par instinct. On peut ajuster les étriers si la femme est sur le dos et soutenir le genou et le pied si elle est sur le côté. Même qu’une de mes participantes me raconta avoir perdu patience et prit son genou elle-même, à sa façon pour expulser son bébé.

«Là où il faut de l’ouverture, il faut de la détente. » Tout ce qui peut aider la femme à se détendre techniquement parlant se résume avec le bain chaud, les compresses d’eau chaude et le changement des positions.
Si le bébé est encore haut dans le bassin la marche est préférable. Par contre si la douleur est plus intense debout, la position sur le côté aidera le bébé qui descend tout seul. Une règle de base; ne pas avoir le dos cambré, (les reins creux ou lordose) mais bien étiré pour enligner le bébé dans l’ouverture du bassin. Par exemple, assis sur un gros ballon avec un appui pour les bras et la tête; la femme pourra s’étirer. Souvent la futur mère sentira par instinct se qu’elle doit faire.

Un facteur important qui peut aussi l’influencer est l’ambiance. La musique de relaxation (ou autre), les lumières tamisées, le contact avec l’eau (bain, douche), les massages (le toucher), la communication, la visualisation, la respiration libre sont des exemples d’éléments que l’on peut prévoir.
C’est comme « Faire son nid. »

L’entourage par contre est en partie planifiable. Le support d’une ou plusieurs personnes en qui la femme a confiance va influencer la détente de celle-ci; et l’ouverture du canal de naissance. Elle doit se sentir supporté pour s’abandonner et non résister. Lors des simulations à l’accouchement, je dis constamment à la futur mère et au couple: « Organisez-vous au lieu de vous faire organiser ».

Je crois en parti au plan de naissance. Faite vous un plan A, un plan B, et un plan C. Ce qui veut dire que tout ce que vous pouvez contrôler; vous le planifié, le reste vous l’acceptez en vivant d’abord l’émotion de déception ou autre qui vient avec; c’est important.

Voyons maintenant un autre aspect du canal de naissance. C’est avec un esprit ouvert que l’on peut plonger dans ce domaine non rationnel, non intellectuel. Malheureusement dans notre contexte hospitalier il est rarement pris en considération.

Ce n’est pas péjoratif, je viens moi aussi du milieu hospitalier. Je crois que c’est plutôt l’ignorance et peut-être la peur des situations que l’on ne contrôle pas. Ce n’est pas un élément qui peut se calculer, se quantifier et en faire une statistique. Il rend plutôt l’entourage « mal à l’aise ».

Toutes les peurs, inconscientes, refoulées, inavouées influencent l’ouverture du col.
Exemple : vécu sexuel négatif, peur de devenir mère, peur de ne pas être à la hauteur, peur de déchirer, de crier, d’être séparé de son enfant, etc.

L’ouverture du col est reliée aux émotions.

Mais de qu’elle façon peut on contrôler une chose pareille? Justement il n’y a pas de contrôle à avoir, c’est plutôt le contraire. Plus la futur mère se laisse aller, s’abandonne durant le travail de son corps, moins celui-ci aura besoin d’énergie pour ouvrir le passage. Elle doit laisser monter ses émotions, exprimer ses peurs et même être encouragé à le faire. C’est le même canal. Pas évident, surtout si le partenaire n’est pas bien préparé. Imaginez, les proches qui n’ont pas été outiller et averties au faite que la femme aura des réactions bizarres, fera des drôles de sons, éprouvera du découragement, etc. Tout le contraire de la performance. Donc au lieu de l’encourager à pleurer et a s’exprimer, imaginez tout le monde lui offrir de la soulager avec les moyens médicaux à leur disposition. C’est ce qui arrive très souvent. Il a été démontré a plusieurs reprises que la présence d’une personne fiable et compréhensible qui accompagne la future mère diminue le besoin d’intervention médical. Ce n’est pas donné naturellement à tout le monde de composer ou de « dealer » avec la souffrance et la douleur. C’est pour cette raison que j’ai créé un atelier de simulation à l’accouchement pour le couple ou les accompagnants (voir sur mon site www.yogaprenatal.qc.ca).
Peu importe la façon de se préparer. C’est comme un voyage, vous connaissez la destination mais pas de qu’elle manière le trajet se fera.

Apprendre Ă  naviguer durant une tempĂŞte pour arriver au bout du voyage sans naufrage.
Que l’on soit championne sportive, psychologue, gynécologue, etc. on n’accouche pas plus facilement. C’est pour cette raison que la préparation mental et émotionnelle autant que physique est nécessaire. Comme le yoga les trois aspects de l’être ne doivent faire qu’UN.


Références:
1) Bien-être et maternité, de Dr.Bernadette de Gasquet. Édition Implexe.
2) Une naissance heureuse, de Isabelle Brabant. Édition Saint-Martin.