Pranayama et accouchement

Le souffle qui donne la vie

ou

Donner la vie avec son souffle.

 

Pas besoin de vous convaincre qu’on ne devient pas experte en maîtrise respiratoire au moment même de l’accouchement. C’est pour cette raison que l’on assiste quelque fois à des accouchements éprouvant où la panique intérieure et l’inquiétude prennent toute la place.

 

Dans le miracle de la vie la première respiration de l’être humain été crée à partir de la cellule. C’est la base de toute échanges entre l’intérieur et l’extérieur.

 

La respiration cellulaire. Le carburant, qui est l’oxygène (O²), pénètre à travers la membrane vers l’intérieur de la cellule pour être utilisé en énergie. Une fois le carburant consommé et transformé comme en gaz carbonique (CO2), il doit être évacué à l’extérieur.

 

Si par hasard il n’y a pas suffisamment d’évacuation des déchets, la cellule s’intoxique graduellement et perturbe son fonctionnement. A moyen et long terme la maladie s’installe. Dans un autre scénario, la cellule meure simplement.

 

Demeurant toujours dans la physiologie;au repos une personne moyenne fait entrer environ 0.5 litre d’air en inspirant. Par contre la capacité pulmonaire ou la quantité d’air qui peut entrer dans les poumons est de 2.5 à 3 litre d’oxygène, si je force mon inspire bien entendue. Même si le cerveau représente 2% du poids total du corps, il consomme 20% de l’énergie, de l’oxygène inspiré. Le cerveau a besoin énormément d’oxygène pour fonctionner adéquatement. C’est l’organe le plus vascularisé du corps. Tout effort de concentration mental demande du carburant, de l’énergie. Lorsque l’on veut réveiller une classe d’étudiants endormies et distraits, on ouvre les fenêtres pour que l’air les revitalise.C’est pour cette raison que le manque d’oxygène au cerveau, lors d’un arrêt respiratoire cause des dommages graves et irréversibles. La digestion, l’exercice physique et le mouvement de contraction des muscles, carbure à l’oxygène aussi. (Notez que durant l’accouchement l’utérus se contracte et se relâche pendant plusieurs heures). Pas étonnant que moins l’on bouge, moins l’énergie circule dans notre corps et plus le corps s’active, plus on aura besoin d’oxygène pour nourrir toutes les cellules.Symboliquement les poumons représente le lien avec l’extérieur ou la vie; organe impliqué dans la voix, responsable du premier cri de l’être humain à sa venue au monde. Par rapport à ce lien, avec le temps le corps peut réagir en modifiant sa posture. Si la personne ne s’ouvre pas face sa vie, quel ne prend pas sa place, sa cage thoracique se refermera et les épaules auront tendances à se voûter vers l’avant. C’est toute l’attitude qui se trouve affecté.En Yoga on reconnaît l’être humain comme faisant partie d’un «Tout»; le corps, le cœur et l’esprit. Bientôt la science pourra prouver cette énigme philosophique, mais pour l’instant voyons comment la respiration peut-elle améliorer notre quotidien et supporter la futur mère tout au long de son accouchement. Pranayama; la respiration consciente.Avant la théorie voici un exercice pratique. Tout d’abord prenez quelques minutes pour vous asseoir ou vous s’allonger. Écouter simplement comment vous respirez au repos, sans rien changer, sans juger, observez comme un témoin. Qu’est-ce qui bouge lorsque vous inspirez et ensuite lorsque vous expirez? Sentez vous les côtes s’écarter ou le ventre se gonfler ou plutôt presque rien. Tout est correct, il n’y a pas de jugement, seulement une prise de conscience. Après quelquefois, observez la quantité d’air qui entre et la quantité d’air qui ressort, encore là en restant détaché. Vous aller garder ces points repères en mémoire.Il existe plusieurs niveaux de respiration; la plus haute est apical ou claviculaire. La deuxième est thoracique et la plus basse, abdominal. Il n’est pas nécessaire de les connaître en détail, seulement d’expérimenter quelquefois les trois mouvements pour reconnaître ou ressentir se qui se passe dans son corps. J’enchaîne avec l’exercice à trois niveaux. Effectuez trois respirations maintenant en soulevant les épaules vers les oreilles, concentrez vous sur le haut de votre corps en oubliant le reste. C’est la respiration claviculaire.Deuxième étape; déposez les mains sur le bas de vos côtes, (je sais que le ventre peut appuyer sur vos mains, c’est tout à fait normal). Faites trois respirations en écartant ou en soulevant doucement les côtes à l’inspire et en relâchant à l’expire. C’est la respiration thoracique et du plexus solaire, centre d’énergie «Chakra Anahata».Enfin la dernière étape la respiration abdominale, celle qui nous replace dans le physique, dans notre corps. Elle vibre au niveau du Hara, du ventre, relié au centre d’énergie «Chakra Manipura». Déposez les mains sur le ventre maintenant et encore une fois prenez trois respirations lentes, en laissant gonfler l’abdomen à l’inspire et dégonfler à l’expire. Concentrez vous seulement sur le bas du corps vous sentirez peut-être les mains s’éloigner et se rapprocher. Si votre ventre bouge, c’est que le muscle de la respiration (diaphragme) s’abaisse et remonte à chaque fois que vous inspirer et expirer. C’est la respiration du bébé qui dort, c’est le mouvement physiologique que l’on perd en grandissant, en devenant de plus en plus intellectualisé.Lorsque vous aurez terminé les trois étapes, prenez le temps de vous laissez respirer et observez ce qui a changé avec votre respiration du départ, au repos.Vous avez peut-être remarqué avec quelle facilité vous pouviez maintenant respirer sans utiliser autant d’effort qu’avant. Vous avez en même temps augmenté votre capacité pulmonaire. Avez-vous remarquez aussi que votre bébé bougeait beaucoup plus. C’est peut-être la grande quantité d’oxygène qui arrive à son cerveau qui le stimule autant. C’est peut-être aussi le mouvement du diaphragme, ce muscle puissant, qui s’abaisse lors de l’inspire et produit une pression sur l’utérus. En même temps, il produit un massage bénéfique des intestins et autres organes internes, sans négliger le bercement naturel. Peut importe ce qu’il se passe, c’est un moyen simple de faire bouger le bébé. Lors des séances de Yoga c’est la respiration complète, Yoguique, qui est utilisé. En trois palliés ou niveaux, comme déjà expliqué ci haut, on ajoute une rétention de quelque secondes, poumon plein et une autre poumon vide. La rétention de l’air dans les poumons permet de d’utiliser toute les alvéoles (700 millions, 200 m², la grandeur d’un terrain de tennis) qui sont impliqué dans l’échange gazeux avec le sang. Tandis que la rétention poumons vide permet une meilleure évacuation du gaz carbonique, produit de dégradation du système. Le mouvement est simple, il part du bas, de l’abdomen et remonte jusqu’en haut au niveau des clavicules et même chose pour le trajet inverse vers la sortie. Comme l’image de la bouteille que l’on remplie d’eau. En premier c’est le fond qui reçoit l’eau en jusqu’en haut et si j’inverse la bouteille, le bas se vide initialement jusqu,au goulot. C’est un mouvement fluide, comme la vague de la mer. Les exercices de Pranayama que je propose vont augmenter la capacité pulmonaire durant la grossesse et par le fait même augmenter l’endurance. En voici un tout à fait apprécié que vous pourrez intégrer à votre quotidien. Pour ce travail on utilise la respiration, Yoguique, complète. Douze respirations conscientes.Compter 1-2 en inspirant (gardez l’air quelque secondes pour permettre à plus d’oxygène possible de passer dans la circulation sanguine) et 1-2-3-4 en expirant (gardez les poumons vides quelques secondes pour permettre à plus de gaz carbonique possible de sortir) faite le quatre fois.Enchaîner en inspirant. Comptez 1-2-3 rétention poumon plein et expirer 1-2-3-4-5-6 rétention poumon vide. Quatre fois.Terminer en comptant 1-2-3-4 rétention poumon plein et expirer 1-2-3-4-5-6-7-8 rétention poumon vide. Quatre fois. Vous doublez toujours le temps de l’expire.Après l’exercice, prenez conscience simplement de se qui se passe en vous sans jugement. Vous avez fait le plein d’énergie vitale, de Prana, de calme. Maintenant, Je vous parle de l’aspect plus spirituel de la respiration, du souffle. Le mot Pranayama vient d’un ancien dialecte le sanscrit. Prana signifie force vitale, l’essence de toute chose et Yama veut dire mouvement qui anime, qui fait circuler et amplifie. Les exercices de pranayama dynamisent le corps, apporte la clarté dans les idées, le calme et l’ouverture pour l’esprit. Il faut environ 3 à 6 respirations pour qu’un enfant retrouve son calme, le plus dure c’est peut-être de l’attraper. Mais par le jeu et l’imagerie on lui montre avec le geste de ses mains à gonfler et dégonfler un ballon imaginaire. Par contre pour calmer un adulte, il faut environ douze respirations. Le plus dure c’est de le convaincre que sa fatigue, son stress ou son impatience peuvent être maîtrisé et soulagé. Si la personne désire aller plus loin avec les exercices de respiration consciente, il pourra peut-être découvrir d’où viennent tous ces malaises. Il m’arrive d’assister à de belles prises conscience durant les cours; alors je vois des futures mères comprendre avec leurs cœurs et laisser monter leurs larmes qui les libèrent enfin d’un poids. Personnellement je constate qu’il faut du courage pour accepter d’entrer en soi puisque c’est l’effet que produit le travail du souffle conscient, Pranayama. Dans des situations intenses comme à L’accouchement il n’est pas étonnant de chercher son souffle. Annick De souzenelle dit dans son livre : Le symbolisme du corps humain; « L’arbre pulmonaire est aussi arbre phonatoire, celui du Verbe, de la Parole qui ne peut s’accomplir sans l’écoute» L’écoute de son essence bien sûre. Lorsque le son de la voix rejoint profondément l’expire c'est-à-dire lorsque la femme qui accouche utilise le son de sa voix pour expirer elle rejoint ses entrailles. Si la respiration reste au niveau du thorax du haut du corps les sons sortent dans les hautes octaves ou aigus, comme des cris dans la panique. Il y a un «Non» intérieur qui est dit. Elle inspire de plus en plus, se gonfle vers le haut et se ferme, empêchant l’enfant de faire sa descente. La peur bloque sa respiration, paralyse le mouvement du diaphragme comme un coup de poing au plexus solaire. Il est le centre des émotions, responsable de l’hyperventilation (débalancement de la quantité d’oxygène et du gaz carbonique dans le système, causant des étourdissements et des engourdissements dans les extrémités). Dans cette situation se sont les émotions qui dirigent et non l’intuition.Habituellement, la vague de la contraction débute tout doucement comme un train qui arrive au loin. Au début de chaque vague le «Oui» intérieur est indispensable. C’est la volonté qui dicte ce «Oui» c’est la permission que l’on donne à la contraction d’entrer dans son corps. Cela capte toute l’attention, pour que le souffle se libère et s’accomplisse là où il doit travailler. Alors la femme en travail utilise les sons, remontant ainsi du plus profond de son instinct. Sa voix lui dicte le chemin, à travers l’expire. Cette expression vient spontanément des profondeurs du cerveau primitif rejoignant la mémoire instinctive. Il ne faut pas oublier que l’effort est dans l’inspire; le muscle du diaphragme travail pour s’abaisser et que dans l’expire, il n’y a plus de volonté. Il n’y a qu’Abandon et Acceptation (mots que l’on répète à l’intérieur de soi à l’expire).Notez qu’il y a encore des préjugés à propos des bruits et des sons qu’une femme peut faire durant l’accouchement. Dans certains endroits cela est dérangeant. Comment dit-on aussi? Ah oui! Pas très civilisé… Par contre, très utile si on veut vider la pièce en cas d’envahissement (Clin d’œil). Durant la session de Yoga, j’explique aux participantes que l’on ne peut pas accoucher «Chic», tout le contraire de l’animal.Vous pouvez expirer avec les son en A, O ou U peut importe c’est votre choix. Aussi le fait d’expirer par la bouche, relâche les mâchoires qui à son tour relâchent les épaules et le bassin.

Voici un exemple de respiration durant le travail de l’accouchement.

 

 

OuiĂ  la vague

Inspire

Expire

Notez que ceci n’est qu’un simple exemple. La respiration doit être libre. Par contre l’image peut-être utile pour prendre conscience que l’expire est plus long que l’inspire. Le mouvement des vagues de la mer illustre bien l’image pour visualiser et comprendre la respiration. D’ailleurs je l’utilise dans la technique de respiration sur le CD de visualisation que j’ai créé pour la préparation à l’accouchement (Il y a un extrait sur mon site, www.yogaprenatal.qc.ca)La vague de la mer monte et retombe permettant à la terre de nettoyer les profondeurs de l’océan, elle laisse sur le rivage ce qu’elle n’a plus besoin. C’est la terre qui respire. C’est le mouvement de l’univers.Premier mouvement à la naissance l’inspire (on prend la vie) et dernier mouvement à la mort l’expire (on rend la vie ou l’âme). Pour composer ce texte j’ai l’impression que je me suis laissé inspiré. Je comprend aujourd’hui pourquoi on dit cette expression, c’est que j’ai entendu probablement mon âme me parler. Josée Fortin www.yogaprenatal.qc.caProfesseur de Yoga prénatal, postnatal, NaturothérapeuteMembre de la Fédération francophone de YogaMembre de l’association professionnel des naturopathes et naturothérapeutes. Références : 1) Hatha Yoga : À la recherche du corps conscient. Note de cours. Mars 2007, Locana Sansregret 2) Padma Yoga, Osez la vie! Raja Yoga; Locana Sansregret et Patrick Vesin. Septembre 2008. 3) Yoga et maternité; Ganda, Le souffle d’or 1990. 4) Le symbolisme du corps humain; Annick de Souzenelle, Albin Michel. 5) Le grand dictionnaire des malaises et maladies; Jacques Martel, ATMA internationales.